En quoi la connaissance du fonctionnement de notre cerveau peut nous être utile ?

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En quoi la connaissance du fonctionnement de notre cerveau peut nous être utile ?
L’affectivité et vie relationnelle chez l’enfant
Le cerveau, et le stress chez l’enfant
La relation humaine, vue du côté de l’enfant
La conscience et son influence sur notre écoute disponible
Comment aider notre enfant à exploiter ses cerveaux, droit et gauche ?
Le cerveau d’en haut et d’en bas de l’enfant
La mémoire et le cerveau
Le cerveau est un organe social
Faisons la connaissance des aires cérébrales
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Les découvertes scientifiques récentes sur le développement et le fonctionnement du cerveau bouleversent notre compréhension des besoins essentiels de l’être humain, en particulier ceux des enfants, font poser aussi, les bonnes questions pour la fin de vie et, éclairent la compréhension de certains handicaps : notamment tous ceux qui commencent pas DYS : dyslexie, dysorthographie etc. …

En effet, depuis peu, en France, la connaissance des neurosciences affectives et sociales avance. Mais elle reste peu connue des familles, c’est pour cela que l’Université familiale propose cette chronique.

Rappelons que l’on doit à un scientifique français, la première grande percée scientifique. Pierre Paul BROCA, neurologue.

A la fin du 19è siècle, il apporte la preuve anatomique du lien direct entre nos capacités intellectuelles et notre cerveau. Il a notamment démontré que certaines régions du cerveau étaient déterminantes pour certaines fonctions cognitives. Par exemple le langage n’est pas associé à toutes les régions cérébrales.

Depuis Pierre Paul Broca, nombreux sont les chercheurs qui ont fait avancer la science dans le monde entier. Ces avancées scientifiques prouvent qu’une relation empathique, aimante est souhaitable pour permettre à son cerveau d’évoluer de manière optimale pour déployer pleinement ses capacités intellectuelles et affectives.

Il est capital pour les parents de savoir aussi que le cerveau des enfants et des adolescents s’avèrent vulnérables. Les relations avec les parents, les enseignants, l’entourage, et les adultes d’une manière générale façonnent l’intelligence cognitive et relationnelle de l’enfant. Ces relations détermineront son comportement affectif, sa capacité à surmonter le stress, à vivre ses émotions.

Louis Cozolino, professeur de psychologie à l’université de Pepperdine en Californie, dit en 2006 ceci :

« Il n’existe pas de cerveau isolé. Le cerveau se construit en interactions avec les autres, et il se développe de façon satisfaisante grâce aux personnes qui ont pris soin de nous ».

Cette information est capitale. J’aurais l’occasion d’y revenir.

Pour revenir au fonctionnement de notre cerveau...

De façon très schématique, nous pouvons dire que nous avons trois cerveaux qui comprennent de nombreuses structures qui sont reliées entre elles par un réseau complexe de circuits neuronaux.

La partie la plus ancienne est appelée : le cerveau archaïque ou le cerveau reptilien. En effet, il serait apparu chez les reptiliens il y a environ 500 millions d’années. Notre cerveau archaïque comprend le tronc cérébral et le cervelet. Il gère les fonctions liées à la physiologie de base telle que la respiration, le rythme cardiaque, le sommeil…

Sa deuxième fonction est de déclencher, face à un danger, une réaction instinctive de survie, comme la fuite, ou l’attaque.

Notre deuxième cerveau est le cerveau limbique ou émotionnel. Il est apparu chez les mammifères il y a 150 millions d’années.

Jean DECETY, neuroscientifique américain et français, en 2010, nous dit : notre cerveau émotionnel est constitué de plusieurs structures telles que l’amygdale, l’hippocampe ainsi l’hypothalamus … Ce cerveau émotionnel nous fait ressentir l’agréable, c’est-à-dire toute la gamme de nos émotions, mais aussi le désagréable, c’est-à-dire toutes nos émotions qui nous rendent tristes qui nous stressent etc.

Enfin, notre troisième cerveau : le néocortex appelé aussi le cerveau supérieur. Lui, il est apparu chez les primates, il y a entre 2 et 3 millions d’années.

Il représente chez l’Homme 85% du volume cérébral total. Il enveloppe nos deux autres cerveaux comme un couronnement.

Le néocortex, ce troisième cerveau est divisé en 4 lobes : le frontal, le pariétal, le temporal et l’occipital. Il gère nos fonctions cognitives comme la conscience, le langage, les capacités d’apprentissage, les perceptions sensorielles, les commandes motrices volontaires, la présence dans l’espace.

Le lobe préfrontal est à l’origine de la réflexion, du raisonnement, de la créativité, de l’imagination, de la résolution du problème, de la conscience de soi, de l’empathie.

Le lobe pariétal joue un rôle important dans l'intégration des informations issues des différentes modalités sensorielles (vision, toucher, audition). Cette région du cerveau est notamment impliquée dans la perception de l'espace.

Le lobe temporal joue un rôle dans de multiples processus cognitifs. Il nous permet principalement de répondre à la « question du quoi ».

Le lobe occipital est le centre visuel. Il permet la reconnaissance des orientations et des contours des images.

Sans entrer dans le détail, nous pouvons dire que nos trois cerveaux comprennent de nombreuses structures qui sont reliées entre elles par un réseau complexes de circuits neuronaux. Toutes les parties sont complémentaires et utiles.

Le cerveau débute dès la vie intra-utérine. Six à huit semaines après la fécondation, les hémisphères cérébraux commencent à s’individualiser. Une grande partie du cerveau se forme au cours des cinq premières années, mais sa maturation complète se prolonge jusqu’à la fin de l’adolescence et même beaucoup plus tard : vers 25 ou 28 ans.

Après la naissance, des milliers de connexions se font et se défont en fonction des relations affectives, de l’apprentissage et de toutes les expériences vécues par l’enfant. Au cours de l’enfance et de l’adolescence, le cerveau garde les circuits qui sont utilisés et élimine les autres. D’où l’importance des relations affectives qui vont stimuler la croissance du cerveau de l’enfant ; alors que si celles-ci sont négatives ou absentes, le développement en sera d’autant ralenti.

Vers 16 – 17 ans, le cerveau d’un adolescent va connaître une intense activité émotionnelle. Son cortex devient plus efficace pour développer des capacités intellectuelles, des capacités de décision, une aptitude à la pensée abstraite. L’ultime étape du développement du cerveau concerne la régulation des comportements sociaux et émotionnels.

En conclusion, la connaissance du cerveau et de son développement permet de mieux répondre aux besoins de ses enfants. Cette connaissance milite pour une éducation apaisée des enfants. Il est fini le temps de l’éducation par la soumission, par la domination, place à la relation apaisée avec nos enfants ; ce qui ne veut pas dire : tout laisser faire. Dans les prochaines chroniques nous y viendront longuement.



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